Berck-sur-Mer aurait-il mué pour devenir Berck-en-Flandre ? Ses habitants se seraient-ils découverts une âme de carnavaleux ? En tout cas hier, un immense cortège coloré a défilé de la place du 18-Juin à celle de la mairie, devant une foule considérable trop heureuse de mettre le nez dehors en cette belle journée printanière.
PAR VALÉRY DUHAUT
la voix du nord
Au moins trois dizaines de groupes, des géants, du folklore, des tas de gens déguisés dans le cortège comme dans la foule. Hier, on se serait cru dans une vraie ville de carnaval. Pourtant, la cité balnéaire n'est pas Dunkerque, Bergues ou Cassel. Et si on y fait carnaval, c'est depuis peu.
Tout a vraiment commencé en 2006. Une année après la remise en selle des géants Flipp et Zabeth, une association est créée pour s'occuper de ces deux figures berckoises. Le président Gérard Résibeau et son équipe s'associent cette année-là au centre communal d'action sociale (CCAS), qui organise comme chaque année un petit carnaval le samedi après-midi.
L'année suivante, changement majeur : la fête a lieu le dimanche. C'est parti pour un rendez-vous qui prend une ampleur exponentielle. Ainsi, hier, pour ce qui n'était jamais que la troisième édition du carnaval, on peut estimer qu'ils étaient au moins 10 000 personnes massées le long du parcours pour regarder passer le cortège. Avec un pic de fréquentation certain dans la rue Carnot.
Il y a sans doute plusieurs raisons à un tel engouement : le soleil qu'on attendait tous avec impatience après un hiver qui n'en finissait pas une fête proche et gratuite aussi (ce n'est pas tous les jours qu'on a un spectacle à notre porte) la crise, enfin, qu'on nous rabâche et à qui on a envie le tordre le cou au moins le temps d'un week-end.
Et puis, ce carnaval, c'est l'occasion de parader, de se faire connaître sans chichis. Bien des associations berckoises étaient de la fête : Les Amis de Flipp et Zabeth évidemment, mais aussi les riverains de Saint-Jean-Baptiste, l'Harmonie du val d'Authie, le centre social de Berck, les Complet Mandingue (percussions africaines), les Sternes, le Club musical berckois, les Cindylines de Groffliers... Autant de groupes locaux qui côtoyaient des formations venues de toute la région. Elle est là aussi la recette du succès des Amis de Flipp et Zabeth. « On participe à des carnavals avec nos géants. Et ceux chez qui on va reviennent ici. C'est le principe de réciprocité », explique Gérard Résibeau.
C'est ainsi que le Caou de Merville était là, tout comme les Flibustiers de Grand-Fort-Philippe, le géant Raoul de Godewaersvelde et même un arrivé spécialement d'Angleterre, nommé Lily. Bref, des groupes par dizaines qui ont déambulé, parfois un peu trop lentement. Les spectateurs installés sur la place de la mairie n'en pouvaient plus d'attendre l'arrivée du cortège. Mais bon, il faut croire que les carnavaleux se sentaient bien hier dans les rues de Berck, et qu'ils avaient décidé de prendre leur temps. •
> Demain, nous reviendrons sur le carnaval avec d'autres photos et les projets des responsables pour les carnavals des années à venir.


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